Groupement : «Voyage au pays des Lumières
»
Texte n°1 : « Le roi de France est vieux
»
Montesquieu, Lettres
persanes (1721)
Introduction :
L'auteur : Montesquieu ( 1685-1755 ) p.504
Penseur politique, créateur de la notion de la séparation des pouvoirs ( exécutif, législatif et judiciaire ) qui est à la base de nos institutions et d'autres démocraties.
Prééminence du modèle anglais contre la monarchie absolue française. Il a voyagé à l'Europe pour observer les institutions politiques et économiques à l'étranger ( donnant issue à Esprit des Lois en 1748).
L'œuvre : Lettres persanes ( 1721 ), roman épistolaire et réflexion philosophiques, œuvres de réflexion sur l'histoire ( romaine ).
Lettres persanes est une œuvre de jeunesse de Montesquieu, qui la retravaillera en y ajoutant des lettres et en les insérant dans l'œuvre antérieur .
L'édition définitive des Lettres persanes parue à titre posthume en 1758.
C'est un roman épistolaire, une fiction orientale, une réflexion philosophique.
Trame : Il s'agit de deux Persans, Usbek et Rica qui voyagent sur Paris ( lettre 37 ). Début de la chronique du séjour à Paris. Usbek est un grand seigneur Perse qui écrit à son servant Ibben.
Projet de lecture : Découvrir la portée et les enjeux de cette lettre « privée » mais peu personnelle.
Trouver un axe de lecture pour un commentaire en trois parties : ¤ Quoi ?
¤ Pourquoi ?
¤ Comment ?
La méthode du commentaire :
Application : Montesquieu, « Le roi de France est vieux »
I – Les préalables au commentaire d'un texte.
1.p23 lire et examiner méthodiquement le texte
Parcours appliquer au texte :
- paratexte : expéditeur, destinataire, lieu, date, titre, genre -> épistolaire + auteur = roman (1721) début du XVIIIèmes + lettre 37 = début de l'œuvre
- disposition /typographie : Lettre 4§ ( Intr + dèv + dèv + conclusion )
- thèmes majeurs : portrait critique de Louis XIV, critique de la monarchie absolue.
- Enonciation : grand seigneur Persan en séjour à Paris écrivant à son serviteur ; nous = orientaux / occidentaux , regard étranger
- Contradiction / opposition : l.6-7 « contradiction » avec mais ; antithèses : 18 ans / 80ans, il aime / il déteste, mais / et
- Discours argumentatif ( descriptif : portrait moral rien de physique) apparament explicatif
- Style : simplicité, clarté, parallélismes simples, registre : satirique, polémique, réaliste, niveau de langue : soutenu, courant
- Parallélisme : antithèse, ironie, sous-entendus, beaucoup d'implicite
Plan du commentaire :
Introduction:
Le texte qui est proposé à notre étude est un extrait des « Lettres persanes », roman épistolaire publié anonymement à Amsterdam (1721) par Montesquieu
Cette lettre écrite par Usbek, en séjour à Paris, à son serviteur Ibben , bien que privée elle semble l'être bien peu. Quels sont les enjeux de ce passage ?
I / Une lettre fictive.
A) Les marques de l'épistolaire.
- Indice d'une lettre : début, fin, expéditeur, destinataire, date, livre
- Thème abordé = chronique de voyage -> spectacle du pays étranger
- Peu de « Je » plus de « nous » = l'auteur de la lettre avant tout est membre d'une communauté.
B) Une fiction orientale.
- Date, lieu ( Smyrne = Izmir en Turquie )
- Couleur orientale => vocabulaire -> « sultan », hyperbole orientale.
- Comparaison à but critique + pseudo-« naïveté » du regard étranger ( l.1 ; l.16 ; l.17)
II / Une sévère critique du roi Louis XIV.
A) Allusions historiques transparentes
- Dates réelles 1713 ( L.XIV † 1715 )
- Evènements, allusion du ministre de 18 ans ( note 3), une maîtresse de 80 ans ( note 4 ), crise financière ( note 9), fin du §2 multiplication des guerres début §3.
- Caractère (critique) : goût pour la flatterie, les assiduités du courtisans, goût de la guerre (l.12), goût de la richesse, goût de l'exercice du pouvoir -> fantastique orgueil
B) L'efficacité critique
- abus de pouvoirs
- Les défauts de la fin du règne de Louis XIV = Plan vieillesse et autorité excessive.
- Bilan catastrophique du règne : religion, politique, psychologique ( égocentrisme, militaire, obsession du pouvoir, financier) -> antithèses §2 registre polémique, admiration forte (ironie) : fin §1 souverains orientaux : image du pouvoir par la violence.
III / Un texte révélateur de la pensée des Lumières.
A) Les cibles des Lumières
- la religion : allusions à la persécution des jansénistes ( l.9-10 ) / orgueil du roi => péché capital -> perte des valeurs religieuses.
- Guerre : l.11-12 absurdité de la politique militaire de Louis XIV qui se méfie de ses « bons généraux » qu'i considère comme des concurrents dons Louis XIV ne peut mener son pays qu'à la défaite. L.28-29 : massacre dénoncé implicitement.
- Le pouvoir : au delà de Louis XIV, le système de la monarchie absolue est confus l.3-4, arbitraire = asservissement des courtisans, parallélismes avec antihèses.
B) Techniques d'écriture caractéristique
- clarté pédagogique : 4§ structuré, phrases courtes à structure simple
- le regard étranger -> tourner en dérision la société française ( absurde ) l.18-19, l.26-27
- L'ironie, l'implicite : l.5-6, l.26, pointe finale : dernière phrase, ses armées ... inépuisables = anaphore + parallélisme, rythme ternaire -> solennité, ampleur + gradation, antiphrases : dénonciation, ruine de la France.
Conclusion :
Effectivement, c'est un lettre satirique par vraiment romanesque, protée critique, qui est orageuse et très violente qui frapper au delà de Louis XIV, les institutions politiques de l'Ancien Régime.
Au moment de la publication, période de la libération de la Régence, la critique est néanmoins implicite sans doute pour des raisons de prudence mais aussi les Lumières demandent au lecteur un effort pour comprendre les sous-entendus, ce qui rend actif et pensif, « Les Lettres persanes » est bien le premier livre emblématique des Lumières dont on retrouve les cibles principales. Montesquieu met l'accent sur la réflexion politique.